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Tréfilerie et Guimperie

La fabrication des fils d'or et d'argent ...

 

Ets. Carlhian
Daniel GONTARD
Passementerie, guimperie (dorure)
47, rue Maryse Bastié,
69008 - Lyon
Tél. : 33 (0)4 78 00 43 13 carlhian@wanadoo.fr

 

 

 



Réaliser les fils d’or, un art que nous ont légué les italiens grâce aux Papes installés en Avignon. Les ornements religieux de la papauté étaient alors "tissés d’or", jusqu'à une époque récente, où l'on renonça à ces ornements dispendieux.

La remarquable malléabilité des métaux précieux et en particulier de l'or, n'a pas manqué de provoquer, dès une époque trés reculée, des tentatives en vue de les appliquer à l'ornementation des tissus.

La première idée fut de coudre sur le vêtement de minces plaques d'or découpées en formes diverses. Aujourd'hui, c'est la tréfilerie qui, par ses transformations et alliages de métaux permet d'étirer un fil à une section variable, qui sera utilisé par les guimpiers.

Pratiquement, de longs bâtons cylindriques d'un mètre de long sont revêtus d'argent, d'or, et passés au four. Avec ces lingots en bâtons on fabrique le fil.

On trouve :

  • le fil d'argent faux : cuivre argenté à la feuille
  • le fil d'or faux : cuivre laitonné
  • le fil d'or mi-fin : cuivre argenté et doré
  • le fil d'or fin (ou vermeil) : argent doré

Les feuilles d'argent servent à argenter le cuivre.
Les feuilles d'or servent à dorer l'argent ou le cuivre argenté.

On applique une feuille d'argent sur un bâton de cuivre.
On le met au four.
On en retire un bâton d'argent.
Après un long polissage on applique sur ce bâton une feuille d'or.
Ainsi préparé, le bâton va passer au banc à étirer. Une des extrémités, en forme de pointe va passer dans une filière qui va réduire son diamètre et donc l'allonger. On utilisera successivement des filières de plus en plus petites jusqu'à obtenir un fil nommé "trait-gavette" qui mesure 1 mm de diamètre.

On continuera à utiliser une multitude de filières de plus en plus petites jusqu'à obtenir le "x centième de mm" désiré correspondant à la fabrication par le guimpier du fil souhaité, par enroulement de ces lames d'or et d'argent autour d'une âme de soie ou de coton egyptien.

Aujourd'hui, le débouché s'est considérablement réduit et ces fabrications ont presque disparu. La restauration des brocarts anciens et la fabrication des étoffes précieuses, qui ornent les châteaux de l’Ancien Régime, mais aussi les Palais royaux et ceux de la République ont permis à quelques rares entreprises de perpétuer cette activité. Malheureusement, depuis quelques années, le Mobilier National passe de moins en moins de commandes, une grande partie des chantiers de restauration étant achevés.
Enfin, la Haute couture, qui fait encore usage des fils d’or et d’argent pour tisser ou broder ses robes du soir, permet à une poignée d'artisans d'éxercer encore leur art, mais pour combien de temps encore ?