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Bien que l'on désigne sous le terme de laine des poils d'animaux différents (laine du mouflon, laine cachemire, laine angora, laine de mouton), nous considérerons comme laine le poil du mouton.

D'après la définition du Dr Owen, il faur considérer la laine comme une forme particulière du poil, caractérisée par des lignes fines transversales et obliques au nombre de 600 a 1200 au centimètre. Vue au microscope, elle présente l'aspect d'une surface écailleuse. D'après Mr Faux, elle est le résultat de la sécrétion d'une matière pulpeuse contenue dans un organe en forme d'oignon (bulbe) enfoncé plus ou moins profondément dans la peau.

Mécaniquement, la laine serait formée de la matière éjectée par la compression de ce bulbe. De la force et de la fréquence des compressions dépendrait le nombre de saillies écailleuses et de la grandeur de la filière par où sort la matière dépendrait la grosseur de la laine.

On comprend que la race, la force du mouton, la nourriture, le climat et les soins apportés à l'élevage peuvent avoir une influence énorme sur les caractères de la laine et sur la production de celle-ci.

En même temps que le poil seront secrétés deux produits qui recouvrent la laine plus ou moins régulièrement : la cholestérine ou matière grasse produite par les glandes sébacées, et un produit composé de stéarine, d'oléine et surtout de potasse, le suint, qui se confond à la première pour enveloper la fibre. Ces deux produits, matière grasse et suint, doivent être éliminés par des lavages appropriés et qui débarassent en même temps la laine des diverses impuretés qui s'y trouvent accrochées.

Ces opérations font perdre à la laine jusqu'à 65 % du poids brut.

La fibre de laine présente, vue au microscope, l'aspect d'une série de cornets irréguliers emboîtés les uns dans les autres, formant, à la surface, des aspérités qui rendent la laine accrochante. Les variétés de laine sont si nombreuses qu'il est presque impossible de rencontrer les mêmes caractères dans les laines fournies par des régions différentes.

Si nous prenons trois types bien caractérisés, nous pouvons constater :

1/- laine mérinos : laine vrillée ou ondulée, parfois frisée, douce, élastique, fine.

2/- laine croisée : laine ondulée, plus grosse, plus solide, plus brillante.

3/- laine commune type anglais Lincoln : trés longue fibre, grosse, brillante, solide, peu ondulée.

Les qualités qui font la valeur de la laine sont différentes suivant l'utilisation des fils ou le genre de tissu que l'on veut faire. Mais en général, dans le tissage on recherche la solidité, la finesse, la souplesse, l'élasticité, le gonflant, la douceur et l'homogénéité de ces qualités.

Les laines ne possèdent pas toutes l'ensemble de ces qualités. On peut distinguer en particulier la race mérinos, pauvre en viande mais donnant les laines les plus fines, relativement courtes; la race commune, forte en viande donnant des laines longues. Des croisements de ces deux races ont donné la race métisse ou croisée.

La toison est l'ensemble de tous les poils d'un même mouton, que le suint et les matières grasses ont rendu solidaire au point de la maintenir en forme comme si la peau y adhérait. La toison est formée de mèches de bonnes fibres, plus ou moins fournies ou serrées, contenant aussi les impuretés végétales et terreuses, et des fibres nuisibles à la qualité de la laine : les jarres, les gros poils, les fibres noires, les duvets, les matières grasses et le suint.

Ces duvets étant trés courts s'éliminent naturellement dans les opérations mécaniques du peignage, mais les autres fibres nuisibles accompagnent souvent la laine jusqu'au tissu d'où elles seront enlevées sous peine de constituer un élément de dépréciation du tissu.

Il faut cependant distinguer les toisons :

La première tonte donne la laine d'agneau : extrêmement douce, mais courte et faible. Elle convient en mélange avec des fibres plus fortes pour les fils destinés aux vêtements doux et à la bonneterie.

La seconde tonte, soit la première tonte du mouton adulte, donne la plus belle laine que le mouton donnera dans le courant de sa vie.

Dans les trois ou quatre tontes qui suivront (une tonte par an), la laine deviendra de plus en plus grossière (commune), puis le mouton sera engraissé pour la boucherie.

La seconde tonte des mérinos se désigne sous le nom de hogget et les tontes suivantes donnent la laine mère.

La variété des laines est telle qu'il est nécéssaire de faire un triage sérieux pour grouper les laines présentant les caractères sinon identiques, du moins trés approchants, suivant les demandes de la filature et du tissage.

Ce triage est fait au peignage de laine suivant deux principes essentiels :

1/- Triage d'après la longueur, suivant que la matière doit faire du fil pour chaîne ou pour trame : fibres longues pour la chaîne qui exige de la résistance, fibres courtes pour la trame qui demande moins de solidité.

2/- Triage d'après la finesse et la longueur relative. Dans ce cas, une toison peut se diviser comme suit pour mérinos (toisons) :

Longées du cou : laine la plus fine mais courte (trame), en mérinos on peut en faire du peigné dit 140, en fil 100 kms au kg, plutôt faible.

Les épaules : moins fine mais plus solide : peigné 130, en fil 90 kms au kg.

Les flancs : c'est la plus belle laine : longue, solide, relativement fine et homogène, donne du peigné 120, en fil 84 kms au kg.

Les hauts de cuisse : plus grosse, peigné 90, fil 63 kms au kg.

Les bas d'épaule : peigné 85, fil 60/61 kms au kg

Les cuisses et le colleret donnent du peigné 70, fil 49 kms au kg.

La gorge, les ventres hauts feront du peigné 65, fil 45 kms au kg.

Les autres parties du corps seront repoussées pour le peignage et destinées au fil cardé. Le travail du triage demande une grande expérience et se complique encore quand la laine est en vrac ou en pièces (morceaux de toison). La production moyenne d'un trieur varie de 28 à 40 kgs à l'heure.