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Chaque matière, chaque type d'étoffe exige une navette adaptée en taille,
en poids, en forme ou parfois une navette spéciale. Voici quelques unes de ces navettes.

Anatomie d'une navette

Il y a quantité de sortes de navettes appropriées aux diverses sortes de métiers, nous en retiendrons deux principales :

La navette cintrée, dite à la main, et la navette volante, qui est droite.

Ces deux sortes de navettes sont pourvues chacune à leur extrémité d'une partie conique en fer ou en acier, vissée ou enchassée solidement dans le bois et faisant parfaitement corps avec lui, de manière à ce que le fil ne puisse rencontrer aucun obstacle de nature à le retenir dans son déroulement.

 

1- La navette cintrée est dite à la main
parce qu'elle est lancée à la main directement par l'ouvrier,
sans que celui-ci s'aide d'aucun mécanisme.

elle est cintrée, afin que dans le mouvement courbe qu'elle décrit, sous l'impulsion des mains de l'ouvrier elle ne puisse heurter avec les pointes, les broches du peigne, ce qui serait une cause de détérioration, et pour que ce soit toujours la partie convexe qui travaille contre le peigne. Cette courbe a d'ailleurs l'avantage de faciliter le travail de l'ouvrier qui reçoit plus facilement d'une main la navette lancée de l'autre, par suite de la tendance qu'elle a à sortir du pas (foule), en quittant les bords du peigne.

 

2- La navette volante, dite aussi navette droite,
est lancée par un mécanisme dit chasse navette.

Au lieu d'être lancée à la main, la navette est introduite dans une sorte de boite (boite à navette) placée à chaque extrémité du battant et un peu plus longue que la navette elle-même. Un taquet de bois (rat) comportant une boucle de cuir destinée à recevoir la pointe de la navette et à la renvoyer, coulisse longitudinalement le long de la partie supérieure de la boite à navette. Le taquet est attaché sur sa face supérieure à une cordelette qui se prolonge jusqu'au rat de l'autre boite à navette. Au centre de cette cordelette est nouée une autre cordelette munie à son autre extrémité du bouton, sorte de petite poignée de bois en forme de poire. Cette cordelette passe sur une poulie fixée au battant, dans sa partie supérieure. En tirant brusquement le bouton, l'ouvrier arrive à lancer régulièrement sa navette d'une boite à l'autre le long du battant et de son peigne. Le rat reprend sa place tout naturellement sous la poussée de la navette qui rentre dans la boite, et se retrouve ainsi tout prêt à transmettre à nouveau pour un autre trajet de la navette en sens inverse.