Retour

La rencontre de Leumann
27-28 septembre 2003

Par Gianpaolo Dal Maso

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Leumann est un quartier de la banlieue de Turin où se trouvait autrefois un petit village ouvrier peuplé par les ouvrières des usines textiles; depuis neuf ans, on y organise une exposition des produits realisés par les tisserands italiens qui travaillent à la main.

  • Si on compare cette édition à celles qui l'ont précédée on peut remarquer:
  • Une augmentation de la qualité des produits présentés: tissus, produits en feutre, ou tricotés au crochet, mais aussi les fils de soie, lin, chanvre, presentés par les producteurs et les grossistes;
  • Une présence des producteurs de fils (un pour tous le "Linificio e Canapificio national"), qui peut signifier une attention majeure pour cette manifestation;
  • Une meilleure organisation qui a été garantie, comme toujours par l'Association "Amis de l'Ecole Leumann".

L'exposition des tisserands Leumann est aussi, comme toujours, une grande fête dans laquelle les visiteurs peuvent regarder, poser des questions mais aussi s'approcher du monde un peu mysterieux du tissage.
Dans l'après-midi précédant l'exposition il y a eu aussi une réunion de la coordination des tisserandes italiennes où, avec la formation de petits groupes, l'on a discuté:

  • L'élargissement des collaborateurs à la revue "TessereAmano";
  • L'échange des expériences du travail à l'école et dans les ateliers pour les gens souffrant de handicaps; Comment valoriser les produits qui sont tissés à la main;
  • La difficulté de réaliser des coordinations où les tisserandes et les tisserands puissent se réunir, faire des achats communs ou simplement échanger leurs expériences de travail.

A l'exposition il n'y avait aucun constructeur de métiers. C'était certainement une absence importante parce que aujourd'hui pour un tisserand, il est difficile de trouver des métiers d'occasion et le choix parmi les différentes offres de métiers neufs n'est pas facile du tout.

Durant les journées de l'exposition, il y a eu deux importantes rencontres:

La première portait sur "les fibres textiles naturelles et les projets de développement dans un cadre régional. On a présenté l'expérience du Consortium Arianne, une société internationale qui unit des organismes publics (Université de Camerino, Unicam, Enea, Conféderation nationale des artisans et de la petite et moyenne entreprise, le parc national des Monts Sybillini) et des associations et entreprises agricoles et artisanales. Cette société a pour but de développer des recherches et remettre en état la filière des produits textiles naturels et améliorer l'offre des services aux entreprises et aux petits producteurs.
M. Marco Antonini a expliqué les efforts pour reconstruire les divers stades (la filière) que chaque produit textile fait de la production au produit fini. Ce que le Consortium cherche à réaliser est combler les vides que le développement industriel du tissage a produit et aussi valoriser le patrimoine culturel et technologique que les autres pays nous envient mais qui risque de rapidement disparaitre.

(Autres informations: http://www.consorzioarianne.it, Consorzio Arianne Via Circonvallazione, 95 62024 Matelica MC tel.: 0390737-403436, Fax: 0390737-403402).

On a aussi presenté le Projet "Chanvre", où le maitre-tisserand Bruno Tessa a pu décrire ses efforts avec la collaboration de l'administration des communes de Coazze, Valgioie et Giaveno dans la province de Turin, pour réintroduire la culture du chanvre pour la production de cette fibre textile. Ce projet fait partie des activités d'un musée écologique: "l'écomusée".

Un "écomusée" peut être considéré comme le musée de l'identité d'une communauté et aussi de son territoire parce que y sont gardés les témoignages liés aux moments de la vie quotidienne des populations qui vivent sur un territoire. L'écomusée réalisé dans la Haute Vallée Sangone inclut le musée ethnographique de la ville de Coazze, un laboratoire didactique "le terrain comme ressource" et un Ecomusée de la resistance.

La culture du chanvre a été réintroduite dans les terrains de Bruno Tessa et dans l'exposition il y avait aussi un rayon présentant ses tissus produits à la main.

(Autres renseignements bureau touristique Municipalité de Coazze tel. 039 011-9349681, Bruno Tessa Via Villargrande, 2 10050 Coazze (TO) tel. 039 011-9340267, cell-039 3382182771)

Un représentant de l'entreprise "Linificio et Canapificio Nazionale" a présenté l'activité pour répandre cette fibre. Beaucoup des exposants avaient réalisé des produits avec le lin et le chanvre fournis par le "Linificio e Canapificio Nazionale".

(Autres renseignements: Linificio e Canapificio Nazionale Via A. Ponti, 6 24045 Fara Gela díAdda (BG) tel.: 0363-391235, téléfax: 0363-391239, e-mail: g.esposito@linificio.it sito Internet : http://www.linificio.it ).

Le débat a mis en évidence l'importance de ces cultures en Italie pour diversifier les produits des petits agriculteurs, pour augmenter leur revenu et pour conserver les terrains marginalisés par les dangereux produits de l'érosion et des incendies. Mme Giulie Zavattoni présidente de la coordination des tisserands italiens a signalé le danger que la réintroduction des anciennes cultures, maintenant presque disparues, ne garantit pas le respect de la tradition et de la culture matérielle de notre pays et soit simplement subordonnée aux règles du profit.

M. Flavio Crippa, étudiant des anciennes technologies, de la soie en particulier, a dit que le Consortium Arianne est orienté par son règlement, vers la recherche et les propositions nouvelles qui peuvent réduire les frais et augmenter la production des fibres textiles pour les petits artisans et la petite industrie. Il faut trouver les moyens de la recherche de nouvelles solutions productives, qui puissent garantir une meilleure compétitivité et une réduction des coûts de production.
Il propose ses projets à ceux qui veulent produire à meilleur marché. Mais les gens qui au contraire veuillent garder les techniques du passé, concernant le type de fibre, les méthodes de fabrication et teinture, ne pourront rien obtenir du Consortium, parce qu'il a des buts différents. Par exemple, dans la production de la soie, si on veut élever des vers à soie suivant les méthodes qu'on employait dans le temps, ou se servir des méthodes naturelles de traitement, un moulinage à la main ou hydraulique, ou une filature comme pour une fibre courte, une teinture par des colorants naturels ou un tissage à la main, le Consortium ne pourra donner aucune aide. Aujourd'hui, il n'est pas organisé pour recouvrer les anciennes techniques et moyens de culture.

Pour garder des méthodes qui utilisées depuis des milliers d'années, n'être pas esclave des technologies modernes et étouffantes, pour vivre de ce qu'on produit, il faut créer des produits à vendre, ou le contenu historique, naturel et manuel soit la caractéristique la plus séduisante, désirable et satisfaisante pour l'acheteur. Pour la soie, on ne produira plus des filés avec un titre 20-22 deniers ou inférieur mais de 80 ou 100 comme on faisait des siècles arrière.

Entre un extrême Tout naturel et un autre Tout technologie, il y a de nombreuses voies intermédiaires où trouver une niche productive et rémunérante.

On signale aussi d'autres évènements:

L'exposition des tapisseries de Adriana Puppi qui a présenté ses oeuvres réalisées tout au long d'une activité artistique de trente ans.

La conférence développée par Rossella Ciano de l'Association Teinture Naturelle "Maria Elda Salice" où l'on a pu écouter et voir l'expérience de la recherche que le groupe de Milan de l'Association a déroulée en Sardaigne dans la Commune de Atzara et dans la région du Friuli tout près Montereale Valcellina (PN) pour reconstruire la tradition de la teinture végétale des tissus populaires utilisant des plantes spontanées.

(Autres renseignements; Associazione Tintura Naturale "Maria Elda Salice" Via Gallarate 49 20151 Milano tel.: 02-33000611, e-mail: ass.salice@tiscalinet.it Home page: http://welcome.to/ass.salice.

A la fin de l'exposition, on a vu un défilé des vêtements réalisés par les exposants qui se sont tous salués à la dernière exposition: la dixième.

Gianpaolo Dal Maso

Pour en savoir encore plus, mais en italien...

Revue Tessere a mano : http://www.geocities.com/tessereamano/