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Le tordage et le nouage

 

 

Lorsque l'on tisse une nouvelle chaîne semblable à celle que l'on vient de finir (nouveau coloris par exemple) et que l'on utilise le même remisse (harnais ou ensemble de cadres), on évite la longue et fastidieuse opération du remettage (rentrage) et celle du piquage en peigne par le tordage ou le nouage.

Les fils de la chaîne qui finit sont rattachés un à un à ceux de la nouvelle chaîne à tisser, soit par un tordage (broyon ou tors), soit par un nouage (noeud) , selon la matière et sa grosseur.

 

Pour le tordage, on roule les deux extrémités de fil entre les doigts, enduits d'un peu de blanc d'Espagne, de lait, d'eau, de gomme ou de sucre, cendre, etc. Nous utilisons personnellement du blanc de Troyes (craie pilée mélangée à de la vaseline). Ce tordage est fait de telle sorte que le tors ou broyon (partie tordue) retombe du coté du rouleau arrière (ensouple), sans quoi il serait impossible de le faire passer dans le maillon puis dans la broche (dent) du peigne sans le "détordre". La tordeuse attachera à sa ceinture à l'aide d'une codelette les paquets de fils deux par deux (afin que les deux mèches soient tendues), l'un venant du rouleau arrière et l'autre du remisse de cadres. Elle prendra les fils tels qu'ils se présentent de part et d'autre sur les cannes (baguettes) d'envergure et les réunira par des tors. Pour que ses doigts ne glissent pas, elle les plonge dans le blanc de Troyes (pouce, index et majeur).

Opération de tordage

Le nouage, quant à lui, est utilisé pour les gros fils et les fils doubles. On utilisera avec grand avantage une noueuse automatique. La vitesse de la machine est d'environ 200 noeuds par minute, mais demande un réglage et un fonctionnement parfait...

 

Tordage

Nous n'avons personnellement jamais pratiqué le nouage (toujours des tordages), mais serions tentés d'essayer de trouver cette machine pour l'expérimenter.

L'ouvrière entrecroise les noeuds des mises de chaîne : à gauche la mise
de la nouvelle chaîne, à droite celle de la chaîne qui est terminée.

 

A l'aide d'une cordelette, elle réunit les deux paquets de fils ensemble.
L'autre extrémité de la cordelette est nouée à la taille de manière à être trés tendue.

 

De la main gauche et de la main droite, elle sélectionne les
prochains fils à tordre dans les cannes d'envergeure.

 

Avec le pouce et l'index de la main gauche, les deux fils sont rapprochés
puis pincés, tandis que le majeur rompt par en dessous les deux fils au
niveau du noeud de la cordelette.

 

Toujours à l'aide du pouce et de l'index, les 2 fils sont tordus
ensemble en une double opération :

torsion des deux fils par roulement de l'index
sur le pouce jusqu'à la jointure entre la première
et la seconde phalange du pouce.

rabat du tors ainsi créé sur le fil de la nouvelle chaîne par roulement du pouce
sur l'index jusqu'à la jointure entre la deuxième et la troisième phalange.

Il est important que ces deux mouvements de torsion s'enchaînent de manière franche et sans hésitation. Au préalable, les 3 doigts auront été trempés dans du blanc de Troyes.

Une ouvrière éxpérimentée effectue en moyenne 1200 à 1400 tors à l'heure.