La ganse

Ganse Chanel 02

L'origine de la ganse remonte à la plus haute antiquité, aux premières civilisations. Chez les Perses, les Assyriens, les Crétois, le costume féminin et même masculin était bordé et décoré d'une ganse large et colorée. On la revoit au Moyen Age, mais sur les costumes somptueux seulement. Et il faut attendre la Renaissance pour que son succès soit indiscutable : dans toutes les classes sociales (portraits de nobles, de marchands, de valets !...), dans tous les pays civilisés (portraits des dames de la cour de France, de dames suisses, de dames de Ravenne, de Burgos, ou de Russie), on retrouve la ganse : noire ou dorée le plus souvent.

Elle borde les robes du haut en bas, les encolures, les manches, les bas de jupe. Elle* sert de motifs décoratifs formant des plastrons sur le corsage des femmes. Et avant les dentelles et les rubans elle a été le premier ornement du vêtement.
Avec le costume moderne la ganse disparaît complètement chez les hommes, presque complètement chez les femmes. On ne la voit plus guère que dans les costumes .régionaux : le costume du berger grec moderne, par exemple, comporte une veste en peau de chèvre ou de mouton avec poils à l'intérieur, ornée sur ses bords d'une ganse noire formant des dessins sur la poitrine.

Mais, en 1928, Chanel survint! Et elle relance la ganse qui envahit ses blazers et ses robes et dont le succès va croissant. Cette année encore la ganse triomphe et c'est Chanel qui l'a «relancée» une deuxième fois!
On la voit partout et sur tout, en laine, en coton, en satin, bouclée, chinée ou même dorée.
Son nom est provençal. En effet, le mot «ganse» vient du provençal « ganso ›, qui signifie : boucle de lacet. Le dictionnaire la définit ainsi : «Cordonnet ou ruban de fil, de soie, d'or ou d'argent tressé en rond et è plat et qui est employé comme ornement dans l'ameublement et le vêtement. Lorsque l'or, la soie ou l'argent entrent dans sa composition, on l'appelle la « ganse plate ».

Elle s'achète toute faite. Si on la coupe dans un tissu, c'est en effet un biais ou un travail de couture, mais non une ganse. Raffinée, elle se coud è la main. En confection, on la coud è la machine, mais les points sont alors visibles. On la trouve : - en laine, dans toutes les teintes, mais surtout en noir (1,5 cm à 4cm de large). - en coton ou en rayonne, et parfois tissée avec un fil de métal doré (3 mm à 3 cm de large).
Elle se pose à cheval pour les bordures... Sur les robes : elle se coud à petits points cachés sur une face et sur l'autre. Il est préférable de faufiler d'abord, en posant la ganse bien à plat sans tirer ni faire de bosse. Pour les coins, faire un« capucin ›.
Sur les tailleurs : elle exige plus de soins. Elle se « prend en couture » : on- coud la ganse posée à l'envers sur l'endroit du vêtement. On pique è la machine, on retourne et on coud à petits points sur l'envers du vêtement. À plat pour les garnitures. Elle se coud alors à petits points cachés le long du bord extérieur de la ganse.

Source : Petit écho de la mode

 

 Flèche 02